user_mobilelogo

City fishing à Helsinki

Réveil à l’aube, non ce n’est pas l’aube, nous sommes en été ! Petit déjeuner.
Canne à pêche dans son étui, épuisette pliée, sac à dos pour le matériel, bas de pantalon sur les bottes, c’est plus discret, pantalon dans les bottes, c’est pour plus tard.

Kapteeninkatu, tram 3, le premier, à peine six heures, changement à Rautatientori, tram 6 terminus Arabianranta, encore dix minutes de marche vers Vantaanjoki, je pénètre sur l’île où se trouve le musée des techniques et voilà le lieu de pêche, Vanhankaupunginkoski, il m’a fallu une bonne heure pour y arriver.


C’est encore tôt, le kiosque des pêcheurs est fermé, pas d’autres pêcheurs, quelques bus passent sur le pont. Avant de descendre au bord de l’eau, je prépare mon matériel, canne à pêche montée, épuisette à l’épaule et sac sur le dos, en route pour la séance de pêche. Rive droite, l’accès du bord de l’eau est un peu acrobatique, ouf, j’y suis !
Je lance la cuillère tournante dans les remous, près des rochers, où j’imagine qu’un poisson est peut-être là à guetter sa proie,  sera-t-il trompé par les vibrations du leurre qui passe à proximité.
Une bonne demi-heure passe sans résultat, je progresse en remontant le fil du courant. Au bout de son fil, la cuillère passe dans un calme, une touche, une secousse, je ferre, c’est un petit brochet, à peine trente centimètres. Le poisson est vite dans l’épuisette, je le décroche délicatement de l’hameçon en prenant garde aux dents acérées et je le remets à l’eau « va grandir petit poisson ! »
La partie de pêche se poursuit, lancers successifs, j’arrive en haut du rapide, avant de se rider et se précipiter dans le rapide, la rivière semble plus calme, plus profonde, plus mystérieuse, vie sous-marine invisible. Au bord, les ajoncs, saules et aulnes ont remplacé le granit des rochers. En action de pêche, je laisse la cuillère descendre plus profondément, en la ramenant plutôt en descendant le courant. Un choc violent, je ferre, moment d’émotion, la canne à pêche se courbe, le poisson est pris, se défend, me prend du fil, deux risques, le fil se casse ou le poisson se décroche, comme on dit « main de fer dans un gant de velours ». Le poisson invisible cède petit à petit, gicle hors de l’eau dans une dernière pirouette, abandonne la lutte et se retrouve dans l’épuisette, c’est une belle truite, au moins cinquante centimètres. J’achève le poisson qui rejoint le sac à dos.


Je décide de traverser le pont et de descendre le rapide par la rive gauche, aucune touche jusqu’en bas du rapide, là dans une eau calme, une perche se fait prendre, pas très grosse, elle retourne dans l’eau. Quelques lancers encore, j’accroche sous l’eau un rocher ou une branche, je perds la cuillère.
Il est bientôt dix heures, je décide de démonter et remballer le matériel de pêche, fin de partie… Au retour, je vais saluer l’équipe qui tient le kiosque des pêcheurs, ils m’offrent un café et une tranche de saumon fumé sur toast, ils se réjouissent pour ma prise. Derrière le kiosque, très pratique, un établi et de l’eau, je peux préparer le poisson. Vidée, écaillée, truite dans le sac à dos, tout est prêt pour le retour.
Je remets le bas de pantalon sur les bottes, chemin en sens inverse, tram, le temps de rentrer la matinée s’achève, j’ai mal aux pieds dans les bottes.
Je suis heureux de montrer ma prise à Vappu, la truite, une fois sortie du four, accompagnée de pommes de terre fera notre dîner du soir.



Michel Lebondidier
19/10/2014